ÉDUCATION FINANCIÈRE GÉNÉRALIÉ

ÉDUCATION FINANCIÈRE GÉNÉRALIÉ

Par Amos Sani

Éducation financière : Le Crédit: un levier ou un piège pour les nouveaux immigrants?

Ce texte fut l’objet d’une conférence donnée dans le cadre des activités du CERCLCAD à Ottawa en février 2014.

La plupart des Canadiens devront emprunter de l’argent à un moment de leur vie. Cet emprunt peut varier d’un individu à un autre, d’un moment à un autre pour le même individu dépendamment des raisons, motivations, objectifs et capacité de chacun. Les emprunts ou crédits vont d’une simple carte de crédit aux acquisitions de biens matériels comme hypothèques ou achat d’une maison, d’un véhicule, de simple ordinateur ou même de téléphone portable, en passant par les études et le mariage. Les crédits créent de la dette, mais emprunter de l’argent et utiliser les dettes ne sont pas forcément une mauvaise chose. Emprunter de l’argent devient problématique lorsqu’on emprunte plus qu’on ne peut se le permettre, quand on emprunte tellement qu’on ne peut plus rien faire d’autre ou que l’on doit emprunter pour payer ses dépenses ordinaires chaque mois ou pour payer d’autres dettes. Dans cette brève présentation, il sera question en grande partie de la situation des immigrants ou Néo-Canadiens. Comment se prend-on avec ce nouveau mode de vie? Le crédit, est-ce une opportunité à saisir ou un piège dont il faut se méfier ou ˝éviter˝? S’accommoder à la nouvelle vie dans ce nouveau et beau monde pour la plupart des immigrants adultes, surtout venus d’Afrique et des Antilles ressemble à embarquer dans un Train à Grande Vitesse (TGV) qui roule déjà à plus de 300km/heure. Quand bien même, je n’ai pas eu des études ou statistiques spécifiques aux immigrants, (et malgré mon profil de scientifique, je déteste les statistiques, car dans mon travail actuel, mon client n’a pas besoin de statistique, il a un cas qui lui est spécifique et il veut une solution), mon expérience montre que le premier et plus dangereux piège dans lequel tombent ces Néo-Canadien est celui des finances, en particulier, les crédits. Au lieu que le fait d’avoir décroché leur premier ou meilleur emploi, et qui leur procure un revenu les conduise à l’indépendance financière, cela se traduit par les endettements et les mauvais choix financiers. Est-ce de leur faute? Je dirais NON, car quand on arrive, le plus important à nos yeux et aux yeux du système ou de la société qui nous accueille, c’est l’établissement; c’est de pouvoir : se trouver un emploi, inscrire ses enfants dans une école, dans une garderie; c’est de prendre des cours de langues, des cours de culture, de parentalité et autres. Alors on n’a vraiment pas le temps de penser à l’éducation financière. Résultat des courses, on écoute des amis, on fait comme les autres, on veut montrer qu’on est aussi capable et on tombe dans le piège de l’endettement. Il faut ajouter à cela toute l’armée de personnes qui attendent l’immigrant dans son pays de naissance afin de leur venir en aide financièrement. 

L’endettement est une réalité, mais pas une fatalité. On peut la corriger. Mais notre manque de connaissance du fonctionnement du système qui nous accueille, pousse beaucoup à adopter la “Politique de l’autruche” quand on est endetté. On se cache, on change de localité, de numéro de téléphone, au lieu de prendre les moyens et mesures de négociations avec les créditeurs. L’Eldorado tant rêvé se transforme en enfer, en cauchemar, les familles se disloquent, des maladies mentales font leur apparition, sans oublier leurs conséquences, en particulier les tumeurs et cancers. De plus on se ferme la porte d’accès à de nouveaux crédits.  

Que faire en cas d’endettement? Comment utiliser le crédit? Comment éviter de tomber dans le piège de crédit facile? Quand faudrait-il prendre du crédit et où trouver de l’aide et des ressources en matière financière? Comment rétablir son cote de crédit? Telles sont quelques questions qui seront abordées et débattues dans les prochains posts. Mon objectif principal en donnant cette série de posts courts est de faire un constat; faire des propositions concrètes et susciter la curiosité des Néo-Canadiens -ou de toute personne vivant dans le monde occidental, une société de consommation à outrance et qui pousse à la surconsommation- sur le pourquoi de chaque chose, surtout dans le beau monde financier; et enfin, lancer une vaste campagne d’éducation en matière de finances personnelles.

On se voit la semaine prochaine pour le premier post. D’ici là, laissez-moi vos commentaires et contributions. C’est cela la caractéristique de la  communauté d’apprentissage que nous formons.